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Drame mortel à Anglet : un homme jugé pour une intrusion fatale

L’alcool et la confusion peuvent mener aux pires drames. C’est ce qu’illustre cette affaire qui a coûté la vie à un homme de la soixantaine dans une résidence balnéaire des Pyrénées-Atlantiques. Un jeune trentenaire comparaît aujourd’hui devant la justice pour répondre d’un geste aux conséquences irréversibles.

Une intrusion fatale dans la nuit du 12 juin

La nuit du 12 juin 2024 bascule dans l’horreur à la résidence « Mer et Golf » d’Anglet. Matthieu Vis, âgé de 32 ans, pénètre par erreur dans la chambre occupée par un couple de Basques, Michel et Marie. Le jeune homme venait d’être expulsé d’un établissement de nuit.

Une violente altercation éclate alors entre l’intrus et les occupants légitimes des lieux. Le confrontation tourne au drame : Michel, sexagénaire, décède d’une défaillance cardiaque provoquée par un effort soutenu et un état de stress intense.

Un taux d’alcoolémie alarmant au moment des faits

Les analyses révèlent une donnée accablante : Matthieu Vis présentait un taux d’alcool de 1,65 gramme dans le sang au moment de l’incident. Cette ivresse caractérisée explique en partie la confusion qui l’a conduit dans cette chambre.

Le trentenaire est désormais poursuivi pour violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner, une qualification pénale qui reconnaît le caractère involontaire du décès tout en sanctionnant la violence exercée.

Un prévenu qui invoque un trou noir

À la barre, Matthieu Vis se défend en affirmant ne garder aucun souvenir des coups portés. L’alcool aurait effacé de sa mémoire les moments cruciaux de cette nuit tragique.

Le prévenu évoque également son parcours personnel difficile, marqué par le rejet lié à sa sexualité. Connu sur les réseaux sociaux sous le pseudonyme de Gianni La Comtesse, il revendique son identité « androgyne » et son goût pour le maquillage depuis l’enfance.

Un profil complexe révélé au procès

Les débats judiciaires mettent en lumière la situation médicale et sociale du trentenaire. Atteint de bipolarité, Matthieu Vis perçoit une allocation pour adultes handicapés. Il suit également un traitement contre le VIH depuis l’âge de 24 ans.

Sa survie économique passe en partie par la pratique de la prostitution, un élément qui vient compléter le portrait d’un homme en marge de la société.

La partie civile refuse la posture victimaire

L’avocat représentant la famille de Michel se montre particulièrement virulent. Il reproche au prévenu de se présenter comme une victime sans prendre la mesure réelle de la gravité de ses actes.

Le conseil insiste sur un point fondamental : aussi compliqué soit-il, le parcours de vie de Matthieu Vis ne peut en aucun cas justifier le geste fatal qui a privé une famille d’un être cher.

La justice doit trancher

Le tribunal est désormais face à une équation difficile : évaluer la responsabilité d’un homme diminué par l’alcool et fragilisé psychologiquement, tout en rendant justice à une victime innocente.

Le verdict est attendu dans les prochains jours au terme de ce procès qui soulève des questions sur les limites de la responsabilité pénale et sur les conséquences dramatiques de l’alcoolisation excessive.

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